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Noms et prénoms des Vikings

 

Du prénom à ...la réincarnation.

En général, les parents nommaient leur enfant d'après le prénom d'un parent décédé ou d'un héros. D'une certaine manière, on pensait que l'enfant héritait avec le prénom des talents ou de la personnalité de son homonyme: cette croyance semble presque consister en une forme de réincarnation du parent dans le nouvel enfant dès lors que le nom a été décerné.

" Il était très commun de donner aux enfants un prénom en mémoire d'un parent, car les Hommes du Nord croyaient que les enfants hériteraient des vertus de ceux dont les prénoms étaient donnés. Les parents récemment décédés en particulier étaient ainsi rappelés par leur analogue, une coutume résultant pour moitié de la croyance selon laquelle l'esprit du mort aimé vivait à nouveau dans le petit enfant. Les Scandinaves, aujourd'hui encore, honorent les membres décédés de leur famille de cette manière. (Social Scandinavia p. 61).

  

Allitérations, assonances et variantes.

Mis à part la pratique de prénommer les enfants d'après leurs proches décédés, les deux grands principes germaniques d'appellation ont également influencé la manière dont les enfants ont été nommés.

- Le premier principe était l'allitération et l'assonnance. L'allitération consiste en la répétition d'une ou plusieurs consonnes et l'assonance en la répétition d'une ou de plusieurs voyelles.
 Il s'agit donc du même son au début d'un prénom qui est répété dans un autre:

"Parfois, les noms sont passés de génération en génération en une série d'allitérations ou d'assonances:  Agni, Alrek, Yngvi, Iôrund, Aun, Egil, Ottar, Adil, Eystein, Yngvar, Onund, Ingiald, Olaf étaient des rois successifs de la dynastie d'Uppsala, tous avec des noms commençant par une voyelle." (Achievement Viking, p. 115).

Le deuxième principe était une variante, une pratique qui consiste à former un nouveau prénom en changeant un seul élément afin qu'il diffère de celui des autres membres de la famille:

 "Parfois, les prénoms étaient construits d'après le fameux principe de "variante" - un norvégien du IXème siècle, Végeirr, avait des fils nommés Vébiôrn, Vésteinn, Véþormr, Vémundr, Végestr et d'autres enfants avec des noms du même type."(Accomplissement Viking p. 115).

Lorsque la variante était utilisée, les prénoms des enfants contenaient souvent un des mêmes éléments trouvé dans le prénom des parents (Sørensen, "Personal Names", p. 499). La variante n'était pas limitée au maintien de la première syllabe inchangée: les prénoms de famille pouvaient utiliser la variante en changeant le premier élément du nom tout en gardant le même deuxième élément du nom, par exemple: Abiôrn, Finnbiôrn, Gunnbiôrn, Hallbiôrn, Ketilbiôrn.

L'utilisation de l'allitération, de l'assonance et de la variante semble être la plus ancienne pratique germanique. La coutume de prénommer un nouveau-né d'après un parent décédé a fini par remplacer l'ancienne coutume au cours des IXème et Xème siècles.

  

Les prénoms simples et les prénoms composés.

Le prénom de base en vieux norrois est habituellement composé de deux éléments, bien que certains prénoms n'aient eu qu' un seul élément. Quelques bons exemples de prénoms composés d'un seul élément pouvaient inclure:

- masculin: Egill, Biôrn, Fálki, Úlfr

- féminin: Auðr, Bera, Drífa, Finna

Les prénoms composés de deux éléments sont des combinaisons de simples noms. Ces simples éléments peuvent parfois être trouvés en tant que simple prénom seul, mais la majorité ne se trouvent que dans les prénoms composés. Par exemple:

- masculin: Þórbrandr (Þórr+brandr), Biôrnólfr (Biôrn+Úlfr), Guðmundr (Guðr+mundr)

- féminin: Ragnhildr (Reginn+Hildr), Álfdís (Alf+Dís), Halldóra (Halla+Þórr)

Il est crucial de comprendre que l'on ne peut pas simplement mélanger et associer de manière aléatoire les éléments d'un prénom. Certains éléments d'un prénom ne se trouvent que dans la première position et jamais dans la seconde, tandis que d'autres composent seulement le deuxième élément et jamais le premier. Et dans certains cas, des éléments du prénom ont été utilisés uniquement avec un ensemble limité d'autres éléments dans les prénoms composés. Comme le note Bassi Geirr:

"Tous les prénoms simples n'apparaissent pas dans les prénoms composés, certains peuvent être utilisés seulement comme le premier ou le deuxième élément tandis que certains sont utilisés dans les deux positions. Si ce n'était pas ce problème de constructibilité limitée, il suffirait de dresser une liste des noms élémentaires à partir de laquelle des noms composés pourraient être construits à volonté. Mais un grand nombre de composés potentiellement constructibles d'après des éléments populaires ne se présentent pas n'importe où dans la vaste documentation. Pour citer un exemple, le simple prénom Hallr (féminin: Halla) est référencé comme le premier élément de nombreux prénoms composés: (masculin) Hallbiôrn, Halldór, Hallfreðr, Hallgeirr, Hallgrímr, Hallkell, Hallormr, Hall Steinn, Hallvarðr, (féminin) Hallbera, Hallbjôrg, Halldis, Halldóra, Hallfríðr, Hallgerðr, Hallkatla, Hallveig, Hallvôr, mais il n'est pas attesté en tant qu'éléments de composition avec les seconds composants populaires suivants: (masculin) -brandr, -fiðr, -finnr, -gautr, -gestr, - móðr, -oddr, -ólfr, -valdr ou (au féminin) -finna, -gríma, -hildr, -ný, -unn, etc, bien que tous, en tant que composés, sont certainement théoriquement possible." (The Old Norse Name,p. 5) 

Il y a aussi quelques éléments qui ne se trouvent que dans les prénoms masculins, tandis que d'autres se retrouvent dans les prénoms exclusivement féminins. Dans le premier cas, il se peut que nous manquions juste de prénoms de femme contenant des éléments qui sont le plus souvent référencés dans des prénoms d'homme, puisque nous avons beaucoup moins de prénoms de femmes qui subsistent de cette période que de prénoms d'homme. Quelques exemples d'éléments de composition des prénoms qui sont exclusifs aux prénoms de femme sont les suivants: -dís, -veig, -ný.

  

 

Des prénoms pour être chanceux

A Hauksbók, il est mentionné que c'était la pratique de prénommer les enfants d'après les dieux (Goð-, "dieu"; Þór-, "Thórr"; Frey-, "Freyr"; Regin-, "pouvoir, les dieux"; Ás-, "ases") et que:

...menn hôfdu mjôk þá tvau nôfn, þótti þat likast til langlifis ok heilla, þótt nokkurir fyrirmælti þeim við goðin, þá mundi þat ekki saka, eí þeir ætti eitt nafn...

Ainsi, on pensait qu'un prénom composé constitué de deux éléments portait chance et donnait longue vie, en particulier ceux composés à partir des noms des dieux, et que les gens qui avaient de tels noms composés auraient "langlifis ok heilla", c'est à dire "longue vie et santé»; et l'on pensait que si une personne était maudite par quelqu'un invoquant les anciens dieux nordiques, cette personne ne pourrait être touchée par la malédiction en portant un prénom identique à celui du Dieu invoqué (Cleasby-Vigfusson, pp. 207-208 s.v. goð).

La signification des prénoms

Même un bref regard sur une liste de prénoms en vieux norrois révèle que la majorité contiennent un ou plusieurs éléments qui sont identiques à des noms et des adjectifs ordinaires en vieux norrois. Alors que les gens étaient certainement conscients de la signification de ces mots, puiqu'ils étaient utilisés dans le langage courant, d'autres éléments de nom sont dérivés de mots archaïques qui étaient présents dans les racines germaniques les plus anciennes du vieux norrois, mais qui n'étaient plus couramment utilisés . Des philologues modernes étudient ces noms et tentent de reconstruire les anciennes formes en se basant sur les règles bien connues qui décrivent la façon dont les langues humaines changent avec le temps.

Même dans les cas où la signification du nom était clairement comprise dans un sens contemporain, elle n'était pas importante dans le choix du prénom pour un enfant. Comme cela a déjà été discuté, l'utilisation d'un prénom appartenant à un ancêtre familial était le facteur le plus important pour prénommer un enfant à l'âge viking.
Cependant, bien que la signification du nom n'entrait pas en considération dans l'appelation d'un enfant, elle avait avaient son rôle à jouer. Comme l'enseignante Brynhildr jarla Kormáksdóttir le note: 
..." Une bonne partie des prénoms en vieux norrois sont des noms de tous les jours dans la langue quotidienne des Vikings: Unnr (vague), Auðr (trésor), Refr (renard), Biörn (ours), Drífa (congère), Mörd (belette), Úlfr (loup), Geirr (lance), Steinn (roche), Hrafn (corbeau), Óspakr (malavisé), Ófeigr (courageux), Ljótr (laid)- vous connaissez la liste. Les prénoms composés donnent encore plus à réfléchir ("Þórólfr" = Thor + loup; "Vigdís" = bataille + déesse), mais vous ne pouvez pas me dire qu'ils n'y pensaient pas ... Les prénoms celtiques (Nial, Kormak, Dufthak, Kiallak, Melkof etc.) sont le seul lot auquel je pense où le sens n'aurait pas été absolument évident. Bon, je suppose que vous pouvez me dire que l'on peut connaître la signification d'un nom sans y penser véritablement: le témoignage de tous les "Noël" ou "Nathalie" qui ne sont pas nés au moment désigné du jour de Noël ... mais j'ai du mal à croire que les Islandais n'aient pas établi de connexion la plupart du temps." (Correspondance personnelle datée du 20 Mars 2001)
  
Les noms de famille: patronymes et matronymes
 
Les Vikings n'utilisaient pas de patronymes au sens où nous l'entendons. Ils suivaient un système d'utilisation de patronymes (ou rarement de matronymes) et ce système est encore en usage en Islande aujourd'hui. Un patronyme est tout simplement un nom qui signifie "fils de (nom du père)" ou "Fille de (nom du père)". En vieux norrois, nous voyons des noms tels que Skallagrimson (fils de Skallagrim) ou Hakonardottir (fille de Hakon). Les patronymes (ou matronymes) devaient suivre les règles ordinaires de la grammaire du vieux norrois. En vieux norrois, le possessif est indiqué par un changement dans la terminaison du mot. Ci-dessous quelques règles de base contrôlant la formation des possessifs en vieux norrois pour une utilisation dans des patronymes et matronymes, d'après "The Old Norse Name" de Geirr bassi Haraldsson :
 
Si le nom se finit en:La fin se changera en: Nom simple Patronyme = génitif+ filsPatronyme = génitif+fille
-i
-a
Snorri
Snorrason
Snorradóttir
-a
-u
Sturla
Sturluson
Sturladóttir
-nn
-ns
Sveinn
Sveinsson
Sveinsdóttir
-ll
-ls
Ketill
Ketilsson
Ketilsdóttir
-rr
-rs
Geirr
Geirson
Geirssdóttir
La plupart des autres noms d'homme se terminent en -R, alors le génitif se formera normalement en ajoutant -s : 
Si le nom se finit en:La fin se changera en: Nom simplePatronyme = génitif+ filsPatronyme = génitif+ fille
-r -s Grímr Grímsson Grímsdóttir
-ir -is Grettir Grettisson Grettisdóttir
 
Certains noms d'homme forment leur génitif en -ar. La plupart d'entre eux sont des noms finissant en -dr, mais d'autres sont inclus : -dan, -mundr, -varðr, -endr, -røðr, -viðr, -fredr, -undr, -unn, -þórðr, -vindr, -frøðr, -gautr, -urðr, -þrándr.
Si le nom se finit en:La fin changera en:Nom simplePatronyme= génitif+ filsPatronyme=génitif+ fille
-dan -ar Hálfdan Hálfdanarson Hálfdanardóttir
-unn -ar Auðunn Auðunarson Auðunardóttir
-r -ar Sigurðr Sigurðarson Sigurðardóttir
 
 
  
Les noms se terminant en -maðr ont un génitif en -mann.Les noms des hommes qui se terminent en -biörn ("ours") ou -örn ("aigle) changent légèrement sous la forme du génétif, devenant -biarnar et -arnar.
Les noms se terminant en -ssne changent pas au génitif, mais pour les patronymes composés, l'un des deux "s" tombe, ainsi Vigfúss donne Vigfusson.
Bien que des gens aient pu porter occasionnellement un matronyme, c'était extrêmement rare. Un seul document témoigne d'une poignée d'hommes avec des matronymes. Il y a eu un total de seulement 34 femmes en Islande, dont les fils sont désignés par les documents historiques comme portant le nom de leur mère en tant que matronyme, et la plupart de ces femmes vivaient dans les secteurs Nord et Ouest de l'Islande(Barði Guðmundsson. "The Origin of the Icelanders." trad. Lee M. Hollander. Lincoln: Univ of Nebraska Press. 1967. Library of Congress Catalog Card #66-19265. pp. 26-31).
Quelques noms de mère furent utilisés en tant que matronymes: Dalla, Droplaug, Fjorleif, Guðrun, Herdís, Iarngerð, Mardoll, Tórfa.
  
Surnoms et diminutifs
 
Par ailleurs, les gens ont parfois été appelés Heiti, Uppnefi ou Viðrnefni (des surnoms ou pseudonymes). Ces surnoms n'étaient que rarement, voire jamais, utilisés par les personnes elles-mêmes, et presque jamais employés pour s'adresser directement aux personnes. Vous étiez étiquetés par vos amis (ou des ennemis) avec un surnom. Ceci devient péniblement évident quand vous regardez les surnoms historiques que nous avons enregistrés. Ils sont invariablement descriptifs et surtout dérogatoires d'une certaine façon, même si quelques-uns désignent des traits attirants pour lesquels une personne est connue.
Les surnoms peuvent être divisés grosso modo en huit catégories: 1- les caractéristiques physiques, 2- les habitudes, 3- le tempérament, 4- la profession, 5- le lieu d'origine, 6- le vécu, 7- un surnom hérité et 8- autres.
En outre, pour donner un surnom, les gens utilisaient des diminutifs de prénoms plus longs, comme nous utilisons pour Nico pour Nicolas ou Flo pour Florence aujourd'hui. Plusieurs de ces diminutifs sont signalés.

Parfois, les adultes donnaient un surnom au cours d'une cérémonie officielle, par exemple si le nouveau nom résultait d'un événement spécial ou d'un exploit ou de prouesses. Dans un tel cas, la personne nouvellement surnommée recevait des cadeaux, de la même façon que les nouveau-nés sont gâtés au moment où ils reçoivent leur nom après la naissance.
 
La cérémonie
 
Donner un nom est un important rite d'intégration dans de nombreuses cultures, et cela l'était certainement aussi pour les Vikings. Mais tous les enfants n'en bénéficiaient pas: les enfants avec des malformations ou que la famille ne pouvait assumer n'étaient pas concernés. Le sort d'un nouveau-né relevait généralement de la responsabilité du père, ou de l'homme chef de famille, si le père n'était pas disponible. Si on décidait d'élever l'enfant, alors le bébé était lavé, habillé, et officiellement "baptisé". La cérémonie de baptême était certainement un rite d'intégration. Le fait de recevoir un nom conférait à l'enfant le statut de membre de la famille et des droits de succession. Dans l'antiquité, c'était le fait de donner le sein à téter à l'enfant qui aurait été l'acte signifiant que l'enfant devait être élevé, pas le "baptême". Cependant, à l'époque viking, la cérémonie de "baptême" a pris la place de cette ancienne tradition.
Donner un nom se faisait par une pratique appelée "ausa vatni" ("verser de l'eau au-dessus"). La cérémonie débutait en soulevant l'enfant du sol (où, vraisemblablement, il avait été soumis à l'inspection du père et à l'évaluation de son aptitude à être élevé) et en le placant dans les bras du père (ar Borit foður sinum). Ce rite n'était pas le même que le baptême chrétien, qui fut habituellement appelé "skirn" ou "purification" en vieux norrois, après l'avènement du christianisme dans le Nord. Une fois dans les bras de son père, un signe rappelant le marteau du dieu Thorr était fait au-dessus de l'enfant, probablement en invoquant la protection du dieu qui était considéré comme un gardien de l'humanité aussi bien qu'en appelant sa bénédiction sur l'enfant et la cérémonie. Un autre élément essentiel de la cérémonie était la remise d'un cadeau à l'enfant: les enfants recevaient un cadeau de la part des amis et des proches de la famille, et un autre cadeau également quand l'enfant tombait sa première dent.
par Gunnvör Sílfrahárr de Ansteorra's King’s College (traduction Kernelyd)

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