IDAVOLL

Les animaux domestiques à l'Âge Viking

Sommaire

Les abeilles

Les bovins

Les caprins

  • Boucs et chèvres
  • Moutons et brebis

Le chat

Le chien

  • Les chiens de chasse
  • Les chiens de berger
  • Les noms de chiens

Les équidés

  • Les noms de chevaux

Les gallinacés

Les oiseaux 

  • Les oiseaux de fauconnerie

Les ursidés

Les suidés

Les abeilles

L'apiculture était répandue dans les régions les plus méridionales de la Scandinavie, en particulier dans le Värmland, en Suède. Le reste de la Scandinavie était contrainte d'importer le miel, ce qui en faisait un aliment coûteux. L'hydromel, une boisson alcoolisée brassée à partir de miel, était très précieux, aussi en raison de la difficulté à obtenir du miel.

 

Les bovins

Les bovins de l'Âge Viking sont les descendants des aurochs qui parcouraient les forêts et les marais d'Europe. En Norvège, les bovins étaient en tête des animaux domestiques, et la propriété de grands troupeaux déterminait le statut social ainsi que la richesse du fermier. Le lait était une matière première fondamentale de l'alimentation, servant à créer d'autres produits laitiers qui pouvaient être stockés et consommer pendant la période hivernale (période durant laquelle il n'y avait pas de production de lait).

Dans la mythologie nordique, Audhumla ("Audhumbla" en vieux norrois - qui signifie "vache sans corne qui est riche" en lait) est la vache originelle et nourricière du premier être vivant: le géant Ymir. Elle est née de la glace et de l'aurore du temps. De ses trayons coulaient quatre rivières de lait qui nourrissaient Ymir. Du sel qu'elle léchait continuellement apparut un être au bout de trois jours, Buri, qui enfanta Bor.

  • La fjall est une race bovine suédoise de petite taille (1,35m au garrot). C'est une race ancienne directement issue des populations élevées par les Vikings. Elle provient des montagnes centrales de Suède et est donc particulièrement adaptée au climat froid. À la suite de nombreux croisements, la race a failli disparaitre dans les années 1980. C'est une race classée mixte, dont le lait convient à la tranformation en beurre et fromagère.

 

  • La ringamala et la bohuskulla sont les deux autres races bovines suédoises anciennes, appartenant au rameau nordique, directement issues des populations élevées par les Vikings.
  • L'islandaise, ou Islenskir nautgripir dans son pays d'origine, est une race bovine d'Islande qui provient de spécimens venus de Norvège lors du peuplement de l'île par les Vikings, au IXème siècle. Elle n'a pas subi de croisements en raison de l'isolement de l'île. C'est une race classée mixte à prédominance laitière, dont le lait riche convient à la transformation fromagère.

Les caprins

L'élevage concernait aussi bien les chèvres et les boucs que les moutons et les brebis, mais les premiers étaient considérés comme les animaux de l'homme pauvre car leur toison était de moindre qualité que celle des moutons, et ce bien que la chèvre ait tendance à donner plus de lait que la brebis.

Boucs et chèvres

C'est peut-être parce que la chèvre était l'animal de ferme de l'homme humble que, dans la mythologie nordique, le char de Thor était tiré par deux féroces boucs - Tanngrisnir ("celui qui montre les dents") et Tanngnjostr ("celui qui grince des dents). L'épisode du voyage de Thor à Utgarðr raconte comment, alors que le dieu fit une halte pour la nuit, accueilli par une famille pauvre, il tua ses deux boucs pour qu'ils puissent être cuits et mangés, fournissant de la nourriture pour tous. Après le repas,Thor rassembla les os et les plaça dans les peaux des boucs, puis sanctifia les restes avec son marteau Mjölnir, à la suite de quoi les boucs revinrent à la vie. Ce récit du sacrifice des boucs de Thor suggère une tradition bien établie de sacrifices de chèvres ou de boucs à l'occasion de fêtes rituelles, en particulier celles dédiés au dieu-même. 

Ibr?h?m ibn Ya?q?b, un commerçant juif espagnol natif de Tortosa, en Catalogne, au Xème siècle, a rédigé un compte-rendu à son retour de voyage au sujet de la grande place commerciale de Hedeby qu'il a visitée. Il raconte avoir assisté à des sacrifices au cours desquels boucs et chèvres étaient offerts aux dieux nordiques, avant que leur dépouille ne fut fixée à un poteau devant la porte de la maison de leur propriétaire, de sorte que tous sachent que ceux-ci avaient honoré les dieux.

La chèvre est également présente dans les récits mythologiques, où il est question de la chèvre nourricière Heidrún se nourrissant des branches de l'arbre Laeradr qui pousse sur le toit de la Valhöl. De son pis, au lieu du lait, coule l'hydromel qui fournit les coupes des einherjars, les guerriers morts au combats et accueillis dans la demeure d'Odin. Heidrún se trouve aussi associée à la déesse Freyja, mais de manière péjorative, sous la forme d'une calomnie par laquelle l'appétit sexuel de la déesse est assimilé aux chaleurs de Heidrún. 

De nos jours encore, des traditions scandinaves, dont l'origine remonte à l'Âge Viking et ses croyances, mettent à l'honneur cet animal mythique. 

Le Julbock (littéralement "chèvre/bouc de Noël") est une décoration de Noël très populaire. Il s'agit de petites chèvres confectionnées en paille. Le Julbocken i Gävle, ou  bouc de Gävle, est une version géante en Suède du traditionnel Julbock, érigée dans les villes et villages chaque 1er Décembre et brûlé le 31.

Moutons et brebis

Les moutons étaient prisés par les Vikings pour leur toison. leur viande, et les brebis pour leur lait.

  • Le gutefår, ou mouton gotlandique, représente le plus ancien type de moutons trouvé en Scandinavie. Des découvertes archéologiques indiquent que le Gutefår est étroitement lié au mouton introduit en Europe du Nord au cours de l'Âge de Pierre, et il serait identique aux moutons trouvés en Suède pendant les Âges du Fer et Viking.

Le nom suédois actuel pour cette race, Gutefår (littéralement, "mouton de Got") a été officialisé en 1974 pour désigner spécifiquement les moutons à cornes pointant vers l'extérieur présent sur Gotland et la distinguer d'autres races présentes sur l'île.

La race a survécu grâce à un sauvetage entrepris en 1940. La race ancestrale dGutefår était connue pour développer plusieurs cornes. Le naturaliste suédois Carl von Linné a relevé l'existence de moutons à 2, 3 voire 4 paires de cornes, au cours de son voyage sur l'île de Gotland en 1741. En 1910, les derniers Gutefår véritablement multi-cornes ont été abattus, et seuls quelques troupeaux expérimentaux, résultant d'un rétrocroisement du Gutefår avec les moutons britanniques de Jacob à longue queue ont permis de retrouver de nos jours cette caractéristique de la race.

  • Le loaghtan, ou mouton de l'île de Man, est très semblable aux premiers spécimens de la race Gutefår, avec ces multiples cornes allant de 2 à 3 paires. 

?Cette race descend d’une race primitive à queue courte qui vivait jadis dans toute l’Écosse, les Hébrides et les Shetland, qui a peut-être été introduite sur l'île de Man par les colons vikings  au IXème siècle. Il ne restait que 3 spécimens en 1950 et la race reste menacée d'extinction encore aujourd'hui, malgré les effrots des Mannois pour la préserver. 

Son nom provient du mannois lugh dhoan ("brun souris") d'après la couleur brun foncé de sa toison. La laine de loaghtan, très légère, de grande qualité et très recherchée par les collectionneurs, est utilisée pour confectionner des vêtements mais n’est jamais teinte pour ne pas endommager les fibres.

  • Le mouton islandais (íslenska sauðkindin en islandais) est une race de mouton d'Europe du Nord à queue courte. Cette race descend de la lignée des Spælsau norvégiens, une race présente en Norvège dès l'Âge du Fer et importée par les colons Vikings en Islande, comme probablement dans toutes les îles britanniques. En raison d'une reproduction sélective et d'une interdiction d'importer des moutons en Islande, la race actuelle n'a pas évoluée depuis son implantation aux alentours de l'an 800.

En Islande, l'animal d'élevage le plus répandu est le mouton. "Un ménage sans brebis est affamé" selon un dicton islandais. Historiquement, les brebis étaient élevées pour leur lait, employé pour faire du beurre, du fromage, du yaourt ou cette variante islandaise du yaourt qu'est le skyrLe mouton islandais est principalement élevé pour sa viande.

La toison du mouton islandais présente une grande variété de teinte, et a la particularité d'être double. Le manteau externe est appelé tog et le sous-manteau, plus fin, est le þel. Séparés, ils servent à fabriquer des produits différents. Le tog est une laine moyenne de 27 micromètres de diamètre, bonne pour le tissage et les produits durables. Le þel est une laine fine d'environ 20 micromètres de diamètre, utilisée pour des vêtements en contact avec la peau. Quand ils sont mélangés, les deux types de laine servent à produire du lopi, une laine à tricoter propre aux moutons islandais.

Le chat

Les Vikings possédaient des chats en tant qu'animal de compagnie mais surtout pour leurs précieuses compétences en tant que chasseurs. L'auteure principale d'une récente étude scientifique portant sur l'ADN d'anciennes races félines, Eva-Maria Geigl, a souligné le rôle important joué par les chats au sein des communautés agricoles afin d'éradiquer rats et souris, d'après la découverte entre autres, d'ossements de chats dans une sépulture de l'Âge Viking dans le nord de l'Allemagne ainsi que 8 autres au Danemark.

L'usage voulait que des chatons soient offerts aux nouvelles épouses comme un élément essentiel du foyer pour le nouveau ménage. En outre, il était particulièrement approprié pour les épouses de recevoir des chats, car ils étaient associés à Freyja, la déesse de l'amour dont le char était tiré par des chats si forts et si grand que même le dieu Thor ne pouvait les soulever du sol. Il pourrait sembler absurde d'imaginer un tel attelage, mais ce serait ignorer que les chats des Vikings sont réellement sans commune mesure avec le chat domestique.

  • Le chat norvégien, également appelé chat des forêts norvégiennes ou norsk skogkatt, est une race sauvage originaire du Nord, dotée d'une solide ossature et d'un corps musclé, parfaitement adaptés au climat. Au Danemark, ces chats sont appelés Huldrekat (huldre désigne un esprit féminin de la forêt, littéralement "le peuple caché"). 

La littérature en vieux norrois ne donne nulle part les noms des chats de la déesse Freyja. La romancière Diana Paxson, dans son livre "Brisingamen", a imaginé les noms poétiques de Tregul ("arbre d'or", ou "ambre") et Bygul ("abeille d'or", ou "miel").

La première source littéraire qui décrit incontestablement le chat des forêts est celle de Peder Claussøn Friis, pasteur, historien et topographe norvégien. En 1559, Friis décrivit trois types de "lynx": le lynx loup, le lynx renard et le lynx chat. Il est fort probable que ce dernier fut en fait le chat des forêts norvégiennes, une théorie d'autant plus vraisemblable au regard des nombreuses similitudes physionomiques entre le chat norvégien et le lynx: tous deux grands, avec de longues pattes, un collier de fourrure et des toupets au bout de leurs oreilles. Par ailleurs, tous deux aiment l'eau, et nombreuses sont les histoires de chats norvégiens plongeant, à l'instar des lynx, dans les lacs et les rivières pour attraper des poissons.

Le chien

Il y avait plusieurs races de chiens répandues à l'Âge Viking. La grande popularité des chiens en tant qu'animaux domestiques, à la fois de travail et de compagnie, est démontrée par le grand nombre de découvertes archéologiques dans les sépultures de l'époque. 

L'art des Vikings représente beaucoup de chiens, en particulier dans les scènes des pierres runiques décrivant l'arrivée du guerrier mort au combat à la Valhöll: le guerrier est accueilli par une Valkyrie portant une corne d'hydromel, et derrière elle, attend le fidèle chien du guerrier. Comme de nombreux propriétaires de chiens, les Vikings ne pouvaient apparemment pas concevoir leur vie, fut-elle dans l'au-delà, sans la présence de leur compagnon caninCela explique probablement en partie, pourquoi les tombes de nombreux guerriers contiennent les ossements d'un ou de plusieurs chiens, sacrifiés pour accompagner leur maître jusque dans la mort.

Dans les croyances scandinaves, le chien est le gardien du monde souterrain, et l'une des raisons pour lesquelles le chien suivait son maître dans la mort, était sans doute de servir de guide au défunt. Des chiens, aussi bien petits que grands, ont été découverts en grand nombre dans des tombes en Suède datant de la période Vendel, qui précède juste l'Âge Viking. Au cours de ce dernier toutefois, leur nombre dans les sépultures s'amenuiseCelle d'Oseberg contenait les ossements de quatre chiens pour accompagner les femmes enterrées là. La tombe de Gokstad contenait six chiens enterrés avec leur maître. D'autres tombes vikings contenant des squelettes de chiens, découvertes au Danemark, en Grande-Bretagne, sur l'île de Man ou même ailleurs,  confirment son rôle psychopompe ainsi que l'étendue de cette coutume dans le monde des Vikings.

Le chien nordique courant est un animal de type Spitz, résultant d'un métissage entre la population autochtone de loups arctiques et de chiens domestiques en provenance du Sud, présents dès le Néolithique d'après l'analyse de restes osseux remontant à plus de 5000 ans. Plusieurs races de chiens actuelles sont sans doute dérivées de la race Spitz de l'Âge Viking. 

Bien que certaines races datent probablement de l'Âge Viking ou même d'avant, la plupart n'ont été reconnues en tant que "races officielles" qu'au XIXème siècle, voire plus tard encore. La plupart d'entre elles sont celles de chiens de chasse, dressés pour aider à la poursuite du gibier. 

 

Les chiens de chasse

L'Elkhound norvégien, ou norsk ElghundL'elkhound norvégien, ou Norsk Elghundest l'un des chiens de chasse nordique subsistant le mieux connu, utilisé pour la chasse au gros gibier comme l'élan et l'ours.

L'Elkhound (littéralement "chien d'Elan"est dérivé du Torvmosehund ou du chien des marais, élevé par les anciens danois. Des squelettes d'Elkhound ont été retrouvés sur un certain nombre de sites, les plus anciens vestiges ayant été découvert dans la Caverne de Viste à Jaerendans l'Ouest de la Norvège, dans une strate datant de 4000 à 5000 avant notre ère.

 

 

 

 

Le Jämthund, ou Elkhound suédoisLe jämthund, ou l'elkhound suédois, est un chien de chasse suédois de type Spitz, élevé pour chasser l'élan et parfois l'ours. 

Le Jämthund est le chien national de la Suède. Certains experts pensent que le Jämthund résulte de la reproduction sélective d'anciens chiens aborigènes très semblables au Laïka de Sibérie occidentale. Des études génétiques ont démontré que le Jämthund est aussi très proche de l' Elkhound norvégien, bien que plus grand.

 

 

 

 

Le Karelsk Björnhund en suédois, ou Chien d'ours de CarélieLe karelsk Björnhund en suédois, ou chien d'ours de Carélie (Karjalankarhukoira en finnois) est le descendant d'un chien de type Spitz qui était utilisé pour la chasse au gibier il y a au moins 1100 ans, en particulier pour l'ours et l'élanUne race identique est connue sous le nom de Laïka de Sibérie occidentale en Russie. 

Selon les recherches archéologiques, des chiens très semblables au Laïka russo-européen et au chien d'ours de Carélie existaient dans le Nord de l'Europe depuis le Néolithique. Le standard de la race actuelle repose sur un pelage noir et blancmais à l'origine la race présentait des robes de différentes nuances de gris semblables à celle du loup, de couleur feu comme dans le standard du Spitz, et également du noir et crème.

Si le chien d'ours de Carélie peut être utilisé pour la chasse des petits animaux à fourruretels que écureuils et martres, comme l'Elkhound norvégien, sa vocation est la chasse à l'élan, au lynx, au loup et à l'ours brun d'Eurasie (une espèce d'ours aussi grande et agressive que le Grizzly américain), dont il tire son nom. La chasse à l'ours nécessite au minimum 2 de ces chiens, dont les aboiements servent à harceler l'animal pour permettre l'approche du chasseur et la mise à mort. Les chiens d'ours de Carélie sont encore utilisés aujourd'hui pour le contrôle de la population des ours dans les parcs nationaux de l'Alaska et des États-Unis.

 

Le Spitz finlandaisLe spitz finlandais (Suomenpystykorva en finnois ou Finsk Spets en suédois) est un autre descendant des chiens de chasse de l'Âge Viking, également réputé pour son aptitude naturelle à l'aboiement.  La race a été désignée "chien national finlandais" en 1979. 

Utilisé autrefois pour suivre le gros gibier comme l'ours polaire et l'élan, le Spitz finlandais est utilisé à présent pour son aptitude à l'aboiement en présence de gibier à plume sur les arbres: cette race peut donner jusqu'à 160 aboiements par minute.

 

 

 

 

Le Gammel Dansk Hønsehund, ou chien d'arrêt danois ancestralLe gammel Dansk Hønsehund, ou chien d'arrêt danois ancestral, également appelé pointer danois est le chien de chasse favori du Danemark

Contrairement à d'autres chiens nordiques, le chien d'arrêt danois n'est pas de type spitz, et résulterait d'un croisement entre des races de chiens errants et de chiens de ferme. De fait, ce n'est probablement qu'un cousin très éloigné de races connues à l'Âge Viking.

 

 

 

 

 

Le lundehund en actionLe lundehund norvégien, ou chien norvégien de macareux est probablement la plus ancienne race de chiens nordiques. Le nom de Lundehund signifie "chasseur de macareux", d'après son aptitude pour la chasse des oiseaux marins. 

 

Dans les îles Lofoten, au nord de la Norvège, ce chien était utilisé pour chasser le macareux, de mai à mi-juin puis en août pendant deux à trois semaines. Un Lundehund peut capturer jusqu'à 30 macareux en une nuit, et les ramener encore vivants à son maître. La popularité du Lundehund a diminué après l'introduction des filets dans les pratiques locales de chasse aux oiseaux. En 1939, Eleanor Christie a sauvé la race, en rassemblant un petit cheptel en provenance de Måstad, île de Værøy, où ce chien était si prisé que sa valeur équivalait celle d'une vache laitière.

Le Lundehund présente quelques spécificités anatomiques, au regard de ses aptitudes de chasseur: une élasticité du cou qui lui permet quasiment de toucher son dos avec sa tête jetée en arrière, des membres antérieurs capables de faire le "grand écart", 6 doigts au pattes antérieures et 4 aux postérieures et des oreilles avec un cartilage capable de se rétracter - ainsi les oreilles se plient et se rabattent de manière spécifique, soit vers l'arrière, soit à angle droit vers le haut afin de fermer le conduit auditif pour le rendre hermétique à l'eau et aux saletés. Ces particularités lui permettent de nager aisément ou de manoeuvrer dans les crevasses parfois étroites des falaises en bord de mer où vivent ses proies de prédilection.

 

Les chiens de berger

Divers races de chiens ont été utilisées par les Vikings pour garder les troupeaux de caprins et de bovins, et plusieurs d'entre elles sont encore élevées aujourd'hui. La race la plus commune est celle du Spitz, répandue dans toute la Scandinavie. En outre, la plupart sont parmi les plus anciennes races canines au monde, ce qui met en exergue le rôle notoire du chien de berger. En voici quelques-unes (cliquer sur la photo pour l'agrandir et accéder au nom de la race):

Le Lapphund ou chien suédois de Laponie, de type spitz, est l'une des plus vieilles races de chiens, élevée par les Samis pour garder les troupeaux de rennes Le Buhund norvégien, la plus ancienne race de chien de berger nordique connue Le Chien de Berger islandais, arrivé en Islande en 874 Le Vallhund suédois, chien de berger des troupeaux de bétail - Photo: Jane Le Lapinporokoira, ou Berger finnois de Laponie, utilisé par les Saami 

Noms de chiens 

Quelques noms de chiens dans les sources littéraires en vieux norrois:  

  • Floki - (étymologie floue, peut -être en relation avec le norvégien moderne: "franc-parler /entreprenant").
  • Garmr - "hurleur", le chien monstrueux qui tue le dieu Týr lors du Ragnarök.
  • Gífr - "rapace, sauvage", un des chiens de Fiôlsvinn.
  • Geri - "vorace", un des chiens de Fiôlsvinn. C'est aussi le nom d'un des deux loups d'Odin.
  • Gramr - "colère",chien de Fullafli dans la saga Þorsteins.
  • Rosta - "bagarre, émeute".
  • Sámr - "basané, noir", chien irlandais - un chien loup? - donné par Ólafr Pái à Gunnar.
  • Saurr - "boue saleté".
  • Strútr - "capuche", nom donné  à un chien à la tête et au cou blancs.
  • Surtr - "noir", nom utilisé pour un chien noir.
  • Vígi - "combattant, tueur", chien du roi Óláfr.

Les équidés

Les Vikings vénéraient le cheval comme symbole de fertilité. Le cheval était un bien précieux, un marqueur social de la prospérité de son propriétaire, ou encore le destrier du guerrier. Dans les deux cas, au trépas du cavalier, le cheval devenait offrande funéraire comme en témoignent de nombreuses sépultures de l'Âge Viking.

La mythologie nordique accorde une place d'honneur au cheval, notamment avec la figure majeure de Sleipnir, le cheval à huit jambes du dieu Odin.

Dans le Landnámabók (livre de la colonisation) au XIIème siècle, le premier cheval islandais connu par son nom est la jument Skalm: le chef Seal-Thorin fonda une colonie à l'endroit où Skalm s'arrêta et se coucha avec son chargement. Dans les sagas islandaises comme celles de Hrafnkel, Njáll le Brûlé et Grettir, les chevaux jouent également un rôle clef. Cette littérature a toujours de l'influence et de nombreux clubs équins islandais portent des noms issus de la mythologie ou des sagas.

La littérature et les écrits officiels de l'État libre islandais entre 930 et 1262, décrivent la pratique des combats d'étalons, qui permettait d'entraîner et de choisir les meilleurs reproducteurs. Les combats d'étalons forment une part importante de la culture islandaise et les rixes entre spectateurs, tant verbales que physiques, étaient alors monnaie courante. Les conflits durant ces évènements donnaient une chance aux rivaux de renforcer leur image sociale et politique au détriment de celle de leurs ennemis, et pouvaient entraîner d'importantes répercussions sociales et politiques, menant parfois jusqu'à la restructuration des alliances politiques. Cependant, les conflits humains n'étaient pas tous sérieux, et les combats d'étalons donnaient une occasion de se bagarrer avec des amis et des ennemis sans grave conséquence. C'était également une occasion pour les jeunes gens de se faire la cour.

Le cheval, pour tout ce qu'il symbolisait dans les croyances était parfois abattu lors de festins et de cérémonies sacrificielles. Ces croyances ont perduré lors de la colonisation de l'Islande, bien après la fin de l'Âge Viking. Les Islandais ont toujours été hippophages par tradition: l'île n'a jamais été touchée par l'interdiction papale de consommer la viande de cheval, prononcée par le pape Grégoire IIIen 732 et son successeur Zacharie. Le pape avait d'abord exigé des populations locales devenues chrétiennes qu'elles abandonnent cette pratique assimilée au paganisme, avant de revenir sur cette exigence et de tolérer l'hippophagie.

  • Le fjord, fjording ou fjordhest est une race de Norvège aux origines anciennes et pures car elle a peu connu de croisements. Cheval de traction rustique destiné au travail agricole et au débardage forestier dans son pays d'origine, les Vikings ont vraisemblablement d'abord employé ses ancêtres pour la guerre d'après des gravures rupestres et des pierres runiques sur lesquelles les chevaux représentés lui ressemblent. En effet, sa crinière en arc de cercle et sa couleur de robe permettent de l'identifier quasiment à coup sûr, même en comparaison avec d'autres chevaux nordiques. Sa taille relativement peu élevée n'empêche d'ailleurs pas les spécialistes du Moyen-Âge de penser qu'il ait pu servir comme destrier, sa physionomie trappue reflétant la grande force qu'il peut déployer.

 

  • Le nordlandshest, ou lyngshest, est une race de cheval de selle originaire de Lyngen en Norvège. C'est la plus petite des trois races de chevaux norvégiens. Le nordlandshest est une race très ancienne qui a été utilisée par les Vikings. Elle serait à l'origine du cheval islandais avec lequel ils partagent toujours beaucoup de ressemblances.
  • L'islandais est un cheval de selle de petite taille qui forme l'unique race chevaline originaire d'Islande. Ces animaux sont vraisemblablement les descendants directs des montures amenées en bateau par les Vikings lors de la colonisation de l'Islande. 

En 982, l'Althing vota des lois interdisant l'importation de chevaux en Islande, ce qui fait de l'Islandais une race pure depuis plus d'un millénaire. Il resta très longtemps une race exclusive à l'île d'Islande et la sélection naturelle lui permit d'acquérir une grande résistance aux conditions climatiques en se contentant d'une nourriture pauvre.

  • Le poney des iles Féroécheval des Féroé ou encore poney danois, est un poney de petite taille dont la présence est attestée depuis des siècles sur les îles Féroé. Il y a deux hypothèses quant à son arrivée sur l'archipel : la première est qu'il serait arrivé avec les premiers ermites en 726, la seconde est qu'il serait arrivé avec les Vikings au IXème siècle. De fait, sa physionomie présente des similiutdes avec le Fjord et l'Islandais.

Le gotlandgotland russ, ou skogsruss qui signifie "petit cheval des bois" ou "petit bouc" en référence à son pied sûr, est une race de poney originaire de l'île du même nom, à l'Est de la Suède. Ce poney autochtone rustique a longtemps vécu dans l'isolement des forêts de son île natale.

Vraisemblablement le plus ancien cheval scandinave, l'opinion populaire fait remonter son origine à l'Âge de Pierre et évoque l'ascendance du Tarpan ou du cheval des forêts du Nord de l'Europe. D'après l'étude de l'université d'Oklahoma, des traces de ces poneys sont attestées dès 1800 avant notre ère. Ils ressemblent fortement aux chevaux des sculptures de l'an mil figurant des chariots tractés par des chevaux.

Le jutland (Den jyske hest en danois) est une race de cheval de trait originaire du Danemark et tient son nom de la péninsule du Jutland, à l'Ouest du pays. Bien que ses lointaines origines ne soient pas certaines ni suffisamment documentées, il est possible que les ancêtres du Jutland aient été utilisés par les Vikings au début du IXème siècle. Les représentations de l'époque montrent des raids vikings sur ce qui est maintenant la Grande-Bretagne avec des chevaux semblables en apparence au Jutland moderne. La première mention attestée de la race remonte au XIIème siècle, et évoque des chevaux de guerre dotés de nombreux attributs utiles.

Noms de chevaux

Quelques noms de chevaux dans les sources littéraires en vieux norrois et la mythologie nordique:  

  • Alsvid ("très rapide"): un des chevaux, avec Arvak, qui tirent le char du soleil dans le ciel, conduit par la déesse Sol. Les chevaux qui tirent le soleil possèdent deux soufflets sous les épaules pour les refroidir ("refroidissement du fer").
  • Arkvak ("éveillé tôt"): un des chevaux, avec Alsvid, qui tirent le char du soleil dans le ciel, conduit par la déesse Sol. Les chevaux qui tirent le soleil possèdent deux soufflets sous les épaules pour les refroidir ("refroidissement du fer").
  • Belli
  • Blodughofi: cheval du dieu Freyr.
  • Falhofnir ("celui qui a des sabots jaunes clairs"): un des chevaux des Ases.
  • Gisl ("le radieux"): un des chevaux des Ases.
  • Glad ("le joyeux"): un des chevaux des Ases.
  • Glaer ("le clair"): un des chevaux des Ases.
  • Gullfaxi ("crinière d’or"): cheval du géant Hrungnir qui sera tué en duel par Thor. Thor fait ensuite cadeau du cheval à son fils Magni âgé de 3 ans. Odin lui reprochera de ne pas lui en avoir fait don.
  • Gultopp ("toupet d’or"): un des chevaux des Ases, et selon Snorri en particulier celui du dieu Heimdall. 
  • Gyllir ("celui qui a la couleur de l'or"): un des chevaux des Ases.
  • Hrimfaxi ("crinière des frimas"), cheval de Nött qui apporte la nuit et qui chaque matin, recouvre la terre d’une rosée issue de l’écume qui dégoutte de son mors.
  • Hofvarpnir ("celui qui donne des coups de sabots"): cheval de la déesse Gna.
  • Léttfeti ("celui qui marche d’un pas léger"): un des chevaux des Ases.
  • Silfrintop ("crinière d'argent"): un des chevaux des Ases.
  • Sinir ("le nerveux"): un des chevaux des Ases.
  • Skeidbrimir ("celui qui rayonne/renifle pendant la course"): un des chevaux des Ases.
  • Skinfaxi ("crinière lumineuse"): cheval de Dagr qui apporte le jour et qui éclaire le ciel et la Terre avec sa crinière.
  • Sleipnir ("celui qui glisse"): cheval d’Odin engendré par Loki (devenu jument) et l’étalon géant Svadilfari. Sleipnir est gris, a huit jambes et des runes sur les dents. Sleipnir est décrit comme le meilleur cheval des dieux, capable de sauter par-dessus la clôture de Hel, chevaucher dans les airs et au-dessus des mers. 
  • Svadilfari (" celui qui fait un voyage périlleux"): étalon qui, avec Loki métamorphosé en jument, engendre Sleipnir, et qui aide à bâtir des murs autour d'Asgard.

Les gallinacés

Le canard des Shetland est de nos jours une race de canard domestique originaire des îles Shetland au nord de l'Écosse. Ce seraient les Vikings qui l'auraient introduit dans l'archipel. Il a les mêmes lointains ancêtres que le canard de Poméranie et le canard bleu de Suède (svensk blå anka en suédois) et comme eux, serait le résultat d'une évolution des canards de la Baltique dont il partage certaines caractéristiques. Il s'agit d'un canard fermier robuste, plus petit que ses "proches parents". Il est noir avec une bavette blanche. Sa caractéristique propre est d'avoir un bec bleuâtre. La race est en voie de disparition.

Le paon, absent de la faune sauvage européenne, est un oiseau qui fut importé et élevé dès l'Antiquité. Au Moyen-Âge, la chair du paon était considérée comme imputrescible, et pour cette raison, il est devenu un mets de choix autant qu'un symbole d’immortalité. Peut-être est-ce pour cette raison qu'un paon a été découvert dans le bateau-tombe d'Oseberg.

La poule de Gournay, une des plus anciennes races françaises issue d'un croisement de poules locales avec des poules rapportées par les Vikings, est originaire de la Seine-Inférieure et tire son nom de la petite ville de Gournay-en-Bray. Elle se distingue par un plumage noir caillouté blanc. Elle est réputée pour sa ponte, sa rusticité et son engraissement facile qui en font une exellente race de ferme. Ce sont des passionnés dans les années 1990qui ont permis d'éviter sa disparition.

La poule islandaise, appelée en islandais íslenska hænanHaughænsni ou landnámshænan, est une race de volaille de taille moyenne présente sur l'île depuis son introduction par les colons nordiques au IXème siècle. Étant une race essentiellement locale mais avec une diversification génétique importante, il n'existe pas vraiment de standard. Ces poules volent assez bien, ce qui leur permet de se percher en hauteur pour échapper au prédateur, et sont particulièrement résistantes au froid. Elles pondent souvent sur une longue durée de vie et pendant les mois d'hiver.

Les oiseaux

Les oiseaux de fauconnerie

Les faucons ne sont pas, à proprement parler, domestiqués mais la fauconnerie, ou l'art de capturer un gibier dans son milieu naturel à l'aide d'un oiseau de proie affaité (i.e dressé) était l'apanage des hommes riches et des puissants.

Dans la mythologie nordique, la déesse Freyja possède un manteau de plumes de faucon, appelé Valshamr. Il permet à celui qui le porte de se changer en oiseau et de voler d'un monde à l'autre. Ce manteau magique est parfois attribué à Frigg.

La Norvège en particulier était célèbre pour ses rapaces, dont beaucoup ont été exportés. Le pygargue à queue blanche, l'aigle royal, le faucon pèlerin ou le faucon gerfaut trouvent un environnement idéal avec les montagnes bordant les fjords norvégiens et le roi de Norvège a maintenu un monopole sur tous les oiseaux de fauconnerie dans ses domaines. 

  • Le faucon gerfaut (Falco rusticolus), dans les régions les plus septentrionales de Scandinavie et au Groenland, est le plus grand faucon au monde avec une envergure de 1,35m. Le faucon gerfaut, qui valait beaucoup d'argent, était offert aux rois ou exportés vers l'étranger pour les hommes riches

 

  • L'Epervier d'Europe (Accipiter nisus), en Islande, se trouvait particulièrement en grande quantité. Il était capturé puis vendu aux marchands danois.

Les ursidés

En Scandinavie et en Europe, l’ours, admiré et vénéré pour sa force, son courage et son invincibilité, est considéré comme le roi des animaux. Il était l’attribut des puissants et l’objet de rituels ayant pour but de s’approprier ses pouvoirs. Il était également l’attribut des berserkir. En outre, l'usage voulait que l'on offre un ourson aux rois.

L'ours brun (Ursus arctos), très largement répandu en Scandinavie encore de nos jours, a même été importé en Islande comme animal de compagnie où il était considéré comme "ours de maison". Cette importation a finalement été interdite et les propriétaires d'ours bruns ou d'ours polaires tombaient sous le coup de loi, en étant passibles de lourdes amendes, si leurs animaux blessaient des personnes ou endommagaient des biens.

L' ours polaire (Ursus maritimus, ou hvítabiôrn en vieux norrois ) était considéré comme l'un des cadeaux les plus nobles à offrir à un roi. Un conte en Islande relate l'histoire d'un jeune homme, Auðunn, qui captura un ours polaire et l'offrit au roi du Danemark (Auðunar þáttr vestfirzka).

D'après les sources écrites, l'ours polaire semble avoir été introduit en premier en Europe par Ingimund l'Ancien qui fit cadeau d'un spécimen au roi de Norvège, vers l'an 900. Isleif, le premier évêque d'Islande, en offrit également un à l'empereur d'Allemagne en 1050.

Les suidés

  • Le porc est une sous-espèce du sanglier sauvage d'Eurasie (sus scrofa) que l'on trouvait dans toute l'Europe et en Scandinavie. A l'Âge Viking, le porc ressemble bien plus au sanglier qu'au cochon domestique que nous connaissons. L'élevage porcin à cette époque était essentiellement concentré dans le sud de la Scandinavie, en particulier le sud de la Suède et au Danemark.

 

  • Le sanglier figure dans le panthéon animalier de la mythologie nordique, en lien avec les dieux vaniques Freyr et Freyja.

Le coursier de Freyr est le sanglier magique Gullinbursti ("soie d'or") dont les poils étaient d'un or brillant comme le soleil. Freyr était non seulement un dieu de la fertilité et d'abondance, mais aussi un dieu de la guerre, et les guerriers vikings arborait le symbole du sanglier de Freyr sur leur casque afin de les protéger dans la bataille. Freyja, la sœur de Freyr, avait également un sanglier comme destrier magique, Hildisvín ("porc de bataille") sur lequel elle se déplaçait quand elle n'était pas sur son char tiré par des chats. Il est intéressant de noter que les rois de Suède auraient posséder une sceptre mythique, aussi appelé Hildisvín.

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